L'auteur
Giuseppe Gargiulo
Naples → France
'ai grandi à Naples, dans un quartier où l'on repassait les chemises le samedi pour la messe du dimanche. Mon oncle était chemisier ; je l'ai vu refuser de vendre une chemise parce que le col n'allait pas au client. J'avais douze ans. Je n'ai jamais oublié.
Arrivé en France à vingt-six ans, j'ai passé vingt années dans le prêt-à-porter masculin haut de gamme : d'abord en cabine d'essayage, puis entre les ateliers et les collections. Vingt ans à voir des hommes bien intentionnés acheter des vêtements qui ne leur allaient pas, faute qu'on leur ait expliqué trois choses simples.
Benvestito, c'est ces trois choses simples. Et toutes les autres. Un carnet tenu à la main, sans rien à vendre : ce qu'on m'a transmis à Naples, expliqué pour la France.
Sa philosophie du vêtement
Le vêtement s’adapte au corps, jamais l’inverse.
Si une pièce demande un effort pour être portée, elle est mal choisie, quel que soit son prix.
Mieux vaut peu, bien coupé, longtemps.
Trois pièces justes habillent mieux qu’une armoire pleine. Le budget suit la même logique.
La règle s’apprend pour être cassée au bon endroit.
Le col ouvert, la manche roulée, la cheville nue : la liberté se gagne après la maîtrise.