Le lin fait peur aux hommes ordonnés. Ils voient le froissé, ils imaginent le négligé, ils repartent avec un coton lourd qui les fera transpirer tout l’été. Naples a tranché ce débat il y a un siècle : quand la ville dépasse trente degrés, l’élégance passe par les fibres qui respirent.
Le lin bien choisi se froisse noblement, à grands plis souples. Il demande en retour un entretien précis : laver le lin à la bonne température fait la différence entre un costume qui vieillit bien et une toile qui se relâche.
Choisir le tissage avant la couleur
Un lin de poids moyen, tissé serré, garde sa tenue là où un lin léger s’effondre. Au toucher, le bon candidat est sec, presque croquant, avec du ressort quand on le chiffonne dans la main. Le mélange lin et laine offre une voie sage pour un premier costume : il froisse moitié moins, il tombe mieux le soir venu.
Le porter sans le surveiller
Un costume de lin se porte entier le matin, se sépare l’après-midi. La veste seule sur un pantalon de coton, le pantalon seul sous une chemise ouverte : trois tenues dans une. Les couleurs de Naples restent les plus sûres : tabac, crème, vert olive, bleu délavé.
Le soir, la suite
De retour à la maison, la veste va au cintre large, dans le passage plutôt que dans la penderie fermée : le lin se retend à l’air. Le pressing attend la fin de saison. Un costume de lin lavé trop souvent perd son apprêt, son tombé, sa raison d’être.
Questions fréquentes
- Le costume de lin passe-t-il au bureau ?
- Dans un vestiaire d'été assumé, oui : couleur sobre, chemise nette, souliers soignés. Le froissé léger d'un beau lin dit la saison, pas la négligence.
- Quel grammage de lin choisir pour un costume ?
- Entre 280 et 340 grammes au mètre. En dessous, le tissu se froisse en accordéon ; au-dessus, on perd l'air qui fait tout l'intérêt du lin.