Mon oncle chemisier posait une seule question au client pressé : combien mesure votre cou ? Personne ne savait répondre. Tout le monde connaissait sa pointure, personne ne connaissait son col. La chemise se choisissait alors comme un billet de loterie, au jugé, dans la mauvaise taille une fois sur deux.
La taille de chemise conditionne la suite du vestiaire. Une veste bien construite ne rattrape jamais un col béant : avant de choisir une veste pour épaules tombantes ou pour toute autre morphologie, réglez la chemise.
Le col, mesure mère
Fermez le bouton du haut. Deux doigts doivent passer entre le tissu et le cou, ni plus ni moins. Un doigt seulement : la journée sera longue. Trois doigts : le col bâille dès que la cravate se desserre. La mesure se prend au mètre ruban, sous la pomme d’Adam, en ajoutant un centimètre de confort, comme l’explique la fiche du col de chemise.
Épaules et poignets, les deux vérifications
La couture d’épaule s’arrête où l’os s’arrête, exactement comme sur l’épaule napolitaine d’une veste. Le poignet, lui, doit frôler l’os du pouce quand le bras pend. Une chemise à la bonne taille se repère assis : elle ne tire ni au col ni au ventre, elle ne gonfle pas dans le dos.
Ce que le prix ne dit pas
Une chemise chère mal taillée habille moins bien qu’une chemise modeste à la bonne mesure. Le tissu se voit à un mètre ; la taille se voit à dix. Retenez vos trois chiffres, col, épaules, poignet, puis oubliez les étiquettes.
Questions fréquentes
- Faut-il choisir sa chemise à la taille du col ou des épaules ?
- Le col d'abord, les épaules ensuite. Un col juste avec des épaules approximatives se retouche ; l'inverse, jamais.
- Une chemise du commerce peut-elle bien tailler sans mesure ?
- Oui, à condition d'essayer fermé, assis, bras levés. La chemise qui passe ces trois épreuves méritera son cintre.