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Saisons

S'habiller l'été : élégant en pleine chaleur

Un homme élégant par trente-cinq degrés ne se découvre pas, il s'habille autrement. S'habiller l'été se joue à l'achat : matières, couleurs, coupes aérées.

· 4 min de lecture

Chemise et short en lin présentés sur un mannequin de couturier
La tenue d'été se compose la veille, à l'ombre du placard.

Trente-cinq degrés ne dispensent de rien : ils déplacent l’effort. S’habiller l’été, pour un homme, se joue sur trois leviers : des matières qui respirent, des couleurs qui tiennent le soleil, des coupes qui laissent circuler l’air. Naples compose avec la chaleur depuis toujours et sa leçon tient en une phrase : un homme ne se découvre pas, il s’habille autrement. Même le départ en vacances s’y prépare, une veste de costume bien pliée au-dessus de la valise.

Des matières qui respirent

La fibre décide avant la coupe. Le lin reste le roi de l’été : il respire, sèche vite et son froissé léger fait partie du style. Une chemise en lin portée à même le corps vaut tous les ventilateurs ; un pantalon de lin tient la journée sans faiblir. Le coton se choisit fin, en popeline aérée ou en seersucker, ce coton gaufré qui décolle le tissu de la peau. La laine n’est pas bannie : une laine froide à tissage ouvert tombe mieux qu’un coton lourd et traverse la journée sans marquer. Le chanvre, plus rare, cumule les qualités du lin avec une tenue supérieure.

À écarter sans regret : les synthétiques qui retiennent la chaleur, les mailles serrées, le jean d’hiver. L’homme qui transpire dans ses vêtements a presque toujours choisi la mauvaise fibre, pas la mauvaise taille.

Les pièces d’été qui composent la tenue

Le vestiaire d’été d’un homme tient en peu de pièces. La chemise d’abord, en lin ou en coton léger, col ouvert d’un bouton, manches retroussées à l’avant-bras. Le polo en piqué prend le relais des jours détendus. Le pantalon de toile gagne un pli et s’arrête à l’os de la cheville. Le short se défend hors du bureau : un short de longueur classique, coupé à mi-cuisse basse, en toile ou en lin ; le short de sport reste au sport. Aux pieds, mocassins ou sandales de cuir assumées.

La veste d’été existe et change tout : déstructurée, sans doublure, en lin ou en laine froide, elle pèse le poids d’une chemise d’hiver. Un homme en veste légère n’a pas plus chaud qu’un homme en tee-shirt serré ; il a simplement une tenue.

Des couleurs qui tiennent le soleil

Les couleurs claires renvoient la lumière : écru, beige, tabac, bleu délavé composent le fond du vestiaire estival. Le blanc cassé vieillit mieux que le blanc optique. Les couleurs sombres ne disparaissent pas, elles attendent le soir.

L’accord des couleurs se joue ton sur ton, sans contraste dur : un beige sur un écru, un tabac sur un bleu passé. La tenue d’été réussie se remarque à sa douceur d’ensemble, pas à une pièce qui crie.

Un style d’été, du bureau au bord de mer

Le style ne prend pas de vacances, il change de registre ; le style d’été demande même plus de précision, la peau nue pardonnant moins que la flanelle. Au bureau, l’homme d’été garde le pantalon et la chemise, troque la veste d’hiver contre la déstructurée et les souliers doublés contre un cuir souple. Au bord de mer, le look s’allège encore : short de toile, chemise ouverte sur un tee-shirt fin, sandales. Entre les deux, le look de terrasse : polo, pantalon clair, mocassins pieds presque nus. Un look d’été se juge d’ailleurs à l’aise du corps autant qu’à l’œil.

La règle vaut pour chaque tenue : une seule pièce détendue à la fois. Un short réclame une chemise nette ; une chemise très ouverte réclame un bas impeccable. L’homme qui relâche tout à la fois ne s’habille plus, il s’échappe.

Les gestes du soir qui sauvent le lendemain

S’habiller élégant se prépare la veille. En rentrant, on se change : la transpiration use les vêtements plus vite que n’importe quel lavage. Les vêtements du jour passent la nuit sur un cintre, à l’air ; les vêtements en lin se défroissent seuls, suspendus près d’une fenêtre. Les chaussures s’alternent d’un jour sur l’autre, embauchoirs dedans.

Le matin, tout est prêt : une tenue reposée, des chaussures sèches, un homme qui peut penser à autre chose qu’à la météo.

L’été se gagne à l’achat

La chaleur ne se combat pas, elle se compose. Des fibres qui respirent, des couleurs qui renvoient la lumière, de l’air sous l’étoffe : le style d’été d’un homme tient à ces trois choix faits une fois pour toutes devant le rayon. Le reste suit le calendrier, mois après mois, dans nos guides des saisons.

Questions fréquentes

Comment un homme doit-il s'habiller en été ?
Fibres qui respirent, teintes claires, une ampleur mesurée qui laisse passer l'air. Le reste est affaire de contexte : bureau, terrasse ou bord de mer.
Quelle est la règle des trois couleurs ?
Pas plus de trois teintes par tenue, dont une dominante. L'été, jouez-la ton sur ton : un beige sur un écru habille sans effort.
Peut-on rester élégant en short ?
Hors du bureau, oui : longueur classique à mi-cuisse basse, toile ou lin, le haut net. Le short de sport reste au sport.
Quelle veste porter quand il fait très chaud ?
Une veste déstructurée, sans doublure, en lin ou en laine froide. Elle pèse le poids d'une chemise d'hiver et tient l'allure du matin au soir.

Écrit par Giuseppe Gargiulo, Napolitain installé en France.

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